Le gouvernement français considère la microélectronique comme une industrie stratégique ! A ce titre, ST doit tenir son rang... Nous devons en finir avec le climat d'incertitude que subissent les salariés, même si l'environnement est dur et imprévisible. La concurrence s’accroît un peu plus tous les jours, les besoins en investissement sont de plus en plus importants pour rester dans la compétition mondiale et les fusions-acquisitions n’ont presque jamais été aussi nombreuses. C’est aussi une hégémonie asiatique dans notre secteur, une des plus grandes plateformes de production électronique au monde. Les chiffres sont évocateurs : 62% des télévisions sont fabriquées en Asie, 70% des composants semi-conducteurs, 76% des GPS, 86% des téléphones et smartphones, 100% des appareils photo numériques.

Les nouveaux marchés se caractérisent déjà aujourd’hui par l’impression 3D, la fabrication additive, la robotique et la cobotique, la domotique et l’internet des objets, les capteurs, le pilotage à distance, la maintenance prédictive ou le cloud computing, etc. ST doit prendre le virage et proposer des solutions innovantes à ces nouveaux segments afin de rester un leader de la HIGH TECH.

L’entreprise ne doit pas seulement construire un modèle financier et économique attractif pour les investisseurs, mais se doit aussi de développer une stratégie produits ambitieuse et prospective (qui puisse séduire les salariés et les clients), renforcer le projet industriel français et européen (pour continuer à développer l’emploi, les synergies "privé/public" dans la recherche, favoriser les connexions avec les TPE-PME). ST doit également se concentrer dans sa stratégie sur les aspects sociaux et sociétaux, c’est-à-dire viser une juste répartition des richesses avec l’ensemble des parties prenantes, générer des conditions de travail attractives et la prise en compte des aspirations ou idées des salariés, améliorer la vie et le confort des populations civiles avec des produits utiles et novateurs.

La CFDT considère qu'ST doit se transformer un peu plus afin de rester dans la course et évoluer vers la mise en place d’usines dites intelligentes, capables d’une plus grande adaptabilité dans la production et d’une allocation plus efficace des ressources. L’industrie a un rôle essentiel dans la richesse nationale et dans l’emploi. C'est pourquoi le gouvernement vient d'officialiser son ambition "Industrie du futur : les nouveaux piliers du plan de la Nouvelle France industrielle".

Nous souhaitons accompagner ces évolutions afin de pérenniser notre activité et nos emplois. Ces transformations passeront inévitablement par des discussions sur nos modes d’organisation et de fonctionnement, sur le temps et le contenu du travail, la réduction des niveaux hiérarchiques et des relations avec les salariés, l’autonomisation des acteurs, l’élaboration d’une vision partagée et co-construite, le mode de gouvernance ou encore le pilotage organisé et efficient de l’innovation. L'excellence n'est pas que le ratio financier, l'excellence c'est aussi développer l'agilité, la stabilité des équipes et la coopétition à tous les niveaux. Pour la CFDT, l’accompagnement de la transition énergétique et écologique à laquelle l’industrie ne peut plus échapper est une formidable opportunité de projet d’entreprise responsable et de création de valeur ajoutée pour tous. Les enjeux sont considérables.